Agroécologie

Définition

Ayant pour objet la relation harmonieuse entre l’humain et la nature, l’agroécologie est à la fois une éthique de vie et une pratique agricole. Elle considère le respect de la terre nourricière et la souveraineté alimentaire des populations sur leurs territoires comme les bases essentielles à toute société équilibrée et durable.

Adaptable à tous les biotopes, au Nord comme au Sud, et accessible à tous, l’agroécologie présente de nombreux avantages
- écologiques : fertilisation organique des sols, optimisation de l’usage de l’eau, respect et sauvegarde de la biodiversité, lutte contre la désertification et l’érosion… ;
- économiques : alternative peu coûteuse, économie du coût des intrants et du transport, relocalisation de l’économie par la valorisation des ressources locales…
- et sociaux : production d’une alimentation de qualité, garante de bonne santé, autonomie alimentaire des individus et stabilisation des populations sur leurs terres, revalorisation de la place des paysans dans les sociétés, création et renforcement des liens sociaux…
(Source: Terre & Humanisme)

Sensibilisation

Arrosage raisonné d'une parcelle

 

La conversion rapide d’un modèle d’agriculture vivrière vers une agriculture de rente a apporté son lot de complications : Désertification accrue par la fragilisation des végétaux, salinisation et compactage des terres, disparition des êtres vivants du sol, explosion des besoins en eau, etc. Ce modèle d’agriculture a conduit à la ruine de nombreux paysans par leur dépendance aux intrants extérieurs, et favorise l’exode rural et l’émigration.

 

Les paysans sahéliens se trouvent bien souvent dépourvus par cette évolution qu’ils n’ont pas conscience de provoquer à travers la surexploitation des ressources, la réduction du temps de jachère des sols, la pratique incontrôlée des feux et du détournement fluvial, etc.

ASPS lance un cri d’alarme face à cette situation. Son travail de sensibilisation et de plaidoyer vise à éveiller les consciences, afin que les agriculteurs du Sahel reprennent le contrôle de leurs lendemains. Il porte principalement sur la nécessité de préserver les ressources naturelles.
 
 
L’EAU

L’eau conditionne à la fois l’accès des populations à des conditions de vie décentes et la pratique agricole. Elle s’avère toutefois être une ressource rare en milieu sahélien.L’un des grands principes prônés par l’agroécologie consiste dans la gestion rationnelle de la ressource en eau. C’est pourquoi ce modèle s’avère particulièrement pertinent dans les régions arides.

ASPS et ses partenaires conseillent les paysans sur les moyens de produire, tout en préservant le niveau et la qualité des nappes phréatiques.

 
 
LES TERRES

La surexploitation des sols, l’utilisation de produits chimiques dans l’agriculture et l’érosion naturelle rend difficile l’accès des paysans à des parcelles de qualité.

Outre la fertilité des sols, l’affectation des terres aux exploitations paysannes familiales doit être préservée. Ce droit est aujourd’hui menacé par l’accroissement inquiétant du phénomène d’accaparement des terres dans les pays du Sud.

 

Cette accélération s’explique en grande partie par la crise alimentaire de 2007-2008, caractérisée par une mise en place de stratégie de baisse record des stocks mondiaux de nourriture, une explosion de la volatilité des prix et de la spéculation financière sur les denrées alimentaires. Les pays à faible capacité de production agricole ont perdu confiance dans les marchés pour assurer la sécurité de leur approvisionnement. Ils se tournent donc vers des pays tiers pour y acheter ou y louer des terres sur lesquelles produire leur propre nourriture. Ils entrent ainsi en concurrence directe avec les petits paysans pour l’utilisation des ressources naturelles, mais également des infrastructures de transport, d’électricité, etc.

ASPS encourage les populations à l’utilisation et l’occupation de leurs terres, afin qu’elles ne soient pas considérées comme délaissées, puis vendues.

 
 
LE BOIS

Fabrication des fourneaux - Novembre 2010

Les besoins en bois sont élémentaires en milieu rural, les familles paysannes disposant de peu ou pas d’accès à d’autres ressources énergétiques. C’est pourquoi ASPS a mis en place des actions de reboisement des parcelles grâce à des espèces d’arbres à croissance rapide, comme l’eucena.
L’association a en outre développé, en coopération avec l’association Bolivia Inti Soleil, des outils adaptés aux besoins de ces populations, alliant efficacité thermique et économie en bois.

Au démarrage de l’activité, ces Fourneaux Économes en Bois (FEB) étaient produits par des artisans locaux. Mais leur qualité étant inégale, un atelier a été construit au centre de Ndiémane afin d’assurer un suivi de leur fabrication. La diffusion s’organise en vente directe ou grâce à une avance de trésorerie (coût : 20 euros pour les petits fourneaux, 28 euros pour les grands).

 

Les femmes tiennent un rôle essentiel dans l’organisation sociale de la famille et du village. Ce sont elles qui transmettent cette dynamique de gestion économe des ressources naturelles, tout en cheminant vers plus d’autonomie. Des animations autour de l’usage du fourneau, de l’intérêt de l’agroécologie et de la reforestation sont organisées à l’intention des utilisatrices.

Formation

Module de formation au compost

La formation est un élément désormais central du programme Reverdir le Sahel.

 

Elle est la garante du bon respect des valeurs et des pratiques agroécologiques dans le bassin arachidier de Fatick. Sans ce travail en amont, les autres facettes du programme ne pourront aboutir à des résultats probants et pérennes.

 

Ces enseignements portent sur des pratiques de gestion de l’eau, de nutrition des sols, de santé des plantes, ou encore d’élevage. Les formations les plus abouties sont destinées à former des animateurs, qui deviennent ensuite des relais de l’agroécologie dans leurs localités respectives.

 

Promotion 2013 d'animateurs en agroécologie

 

Pour plus d’informations sur nos programmes de formation, consultez nos actions sur le terrain.

 

Création d’oasis

    Arrosage heureux

Pour endiguer une désertification rapide et permettre aux familles paysannes de rester vivre dignement au pays, ASPS a défini une priorité qui est de donner les moyens à ces populations de reconquérir et de réhabiliter des terres agricoles abandonnées, grâce aux principes de l’agroécologie.

 

Elle encourage la création d’oasis maraîchères autour de deux axes :

  • Favoriser un meilleur accès à l’eau par le fonçage de puits agricoles, qui permettent aux familles paysannes de subvenir à leurs besoins fondamentaux, et conditionnent l’activité agricole pendant la saison sèche.

  • Proposer un encadrement technique adéquat dans la mise en œuvre des pratiques agroécologiques.

Exemple d’oasis créée début 2008

Les paysans bénéficiaires d’un puits peuvent désormais travailler toute l’année, et non plus seulement au cours des trois mois de la saison des pluies.

 

Cette activité supplémentaire génère au village des activités annexes, comme l’emploi de travailleurs pour la construction de puits. Le programme permet en cela aux familles paysannes de rester au village pendant toute l’année, freinant ainsi l’exode vers les grandes villes et les pays européens.

 

La reconquête de ces terres en voie de désertification s’avère donc possible dès lors que l’acquisition des ces puits conduit à la création d’oasis reforestées gérées durablement selon les principes des l’agroécologie.
 
Nous avons la conviction que la multiplication de ces oasis dans une zone géographique délimitée aura une influence sur le micro-climat et améliorera les conditions de vie de ces populations rurales.

Chaque oasis agroécologique joue un rôle de démonstration vis-à-vis des populations alentours. Souvent formés selon les paradigmes de l’agriculture chimique et industrielle, les paysans demeurent pour la plupart septiques devant les beaux discours des agroécologistes. Ne croyant que ce qu’ils voient, ils ne peuvent toutefois pas contester les résultats probants qui découlent de ces pratiques : amélioration de la qualité et de la quantité de la production sans ajout d’intrants chimiques, limitation des besoins en eau, valorisation de l’association agriculture-élevage, etc.  C’est ainsi que se reproduit le modèle.

 

ASPS souhaite étendre ce phénomène par la création d’oasis pilotes. Outre les objectifs de production et de démonstration, il s’agit de développer des lieux d’échange et d’enseignement autour de l’agroécologie. Les paysans intéressés pourront ainsi se former aux techniques du compostage, de lutte contre l’érosion des sols, de soin des plantes, etc.

 

Cette stratégie s’appuie sur des acteurs sénégalais engagés, disposant d’une réelle connaissance des pratiques agroécologiques. Les perspectives identifiées à ce jour sont principalement celles portées par les animateurs en agroécologie récemment formés. Le programme viendra en soutien des initiatives engagées par eux et dans le respect de leurs choix et modes de vie : oasis individuelle, champs-collectif, champs-école, ferme-école… Les paysans intéressés pourront ainsi se former, près de chez eux, aux techniques du compostage, de lutte contre l’érosion des sols, de soin des plantes, etc.