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Un peu de lecture sur les défis à relever

Un peu de lecture sur les défis à relever

 
Dans notre newsletter de décembre 2017, nous vous encouragions à approfondir certains sujets d’intérêt en poursuivant votre lecture. Voici une sélection d’articles pour en comprendre davantage sur les défis à relever en relation avec l’Afrique.
 
 
Interview de Serge Michaïlof, ancien directeur de l’AFD et auteur, entre autres, de « Africanistan : l’Afrique en crise va t’elle se retrouver dans nos banlieues

EXTRAIT: Notre politique d’aide au développement s’est complètement fourvoyée car les préoccupations d’affichage politique l’emportent sur le souci d’efficacité. Nous sommes heureux d’afficher une aide publique au développement de 10 milliards d’euros en y imputant pêle-mêle des frais administratifs, le coût des étudiants étrangers en France, des annulations de dettes, le montant des prêts consentis par l’AFD. Notre effort budgétaire effectif est en réalité de 2,8 milliards d’euros, sur lesquels nous confions chaque année environ 1,7 milliard aux institutions d’aide multilatérales, onusiennes et européennes, dont on a pu mesurer l’échec en Afghanistan.
Notre aide bilatérale est essentiellement consentie sous forme de prêts par l’AFD, qui en fait un usage judicieux mais qui ne peut prêter à des pays très pauvres qui ont bénéficié par le passé d’annulations de dettes. Au total, il ne nous reste que 200 millions d’euros de dons pour aider les seize pays les plus pauvres que nous considérons prioritaires et dont beaucoup sont hors Afrique, soit une douzaine de millions par pays. Ces montants sont ridicules.

 
Accord de Partenariat Economique (APE) : l’Afrique en péril.

EXTRAIT: (…) on parle peu, ou pas du tout, d’un accord en cours entre l’Union européenne et les quinze pays de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) plus la Mauritanie, que l’on appelle APE : Accord de partenariat économique. Ce silence s’explique par l’avantage qu’il représente à moyen terme pour l’Europe… au prix de conséquences désastreuses pour l’Afrique !

C’est pratiquement contraints et forcés, et sans consultation de leur société civile, que les États africains ont paraphé ces accords. En effet, les APE prévoient la suppression des droits de douane sur les quatre cinquièmes des exportations de l’Union européenne, tandis que celle-ci continuera à importer d’Afrique de l’Ouest la totalité de ses produits, déjà en franchise de droits.

 
Les 9 défis agricoles d’Emanuel Macron : tribune de François-Xavier de Montard, ancien directeur de recherche à l’INRA.

EXTRAIT: L’aide au développement de la France et de l’Europe vis-à-vis des pays du Sud doit renforcer l’agriculture familiale, selon les recommandations des rapporteurs des Nations unies pour le droit à l’alimentation Olivier De Schutter et Hilal Elver. Dans les pays du Sud – mais c’est également le cas en Europe -, les paysans sont menacés par « la révolution verte » de l’agrobusiness. Il est fréquent que de grandes opérations agroindustrielles bénéficient de l’aide internationale au prétexte de développer l’agriculture villageoise : les paysans sont alors intégrés dans un système d’achats de semences, d’engrais et de pesticides et de vente des produits à prix fixés par la firme multinationale qui les enferme dans une situation de survie.

Une autre pratique, fréquente elle aussi et encore pire, est le « landgrabbing » : l’Etat, seul propriétaire officiel vend de la terre des communautés villageoises à de grands opérateurs internationaux. Les paysans et leurs familles sont alors chassés et leurs terres occupées par une agriculture hautement mécanisée et artificialisée employant peu de main d’œuvre. Dans les deux cas, il s’agit de grandes plantations et de monocultures dont on sait qu’elles ruinent et polluent les sols en l’espace d’une ou deux générations.

 
Dans ce tableau plutôt sinistre, l’agroécologie apparaît comme une lueur d’espoir ; comme une solution tangible portée par des femmes et des hommes, des paysans et des paysannes, qui prennent en main leurs destins pour retrouver dignité et indépendance. Partout, ici et ailleurs, les consciences s’élèvent, les pionniers inspirent leurs voisins. Les idées ne manquent pas ; les moyens de les réaliser parfois.
 
Comme chaque graine semée par les paysans maliens et sénégalais que nous accompagnons, vos dons, votre soutien, sont autant de petits pas vers un avenir plus durable et solidaire, plus respectueux de la nature et de l’humain.